| Résumé : |
Depuis que je le vois à l'oeuvre, de près, chaque jour de l'année, je déteste le liseron et, qui pis est, je le méprise. C'est un personnage terrible, sans scrupule et sans pitié. Je ne lui fais pas grief d'être d'apparence chétive. Il rampe, mon Dieu ! C'est son droit. Il grimpe et c'est là son courage. Ce que je lui reproche, c'est d'étouffer ceux dont il se sert. Il a d'abord l'air modeste, il demande la charité, l'assistance. « Un tout petit coup de main, mon bon monsieur, s'il vous plaît. » on le laisse faire, on l'admet à table. Alors il s'enhardit, se ramifie, il s'élance, il s'étale, il occupe toute la place. Il sait tourner, il sait feindre, il a toutes les patiences. Quelques jours encore, et il n'y aura plus d'espace, plus d'air, plus de soleil que pour lui. Cependant son bienfaiteur suffoque, râle, agonise. Et ce travail aérien n'est pas le plus redoutable. L'ambitieux, sous terre, propage d'insidieuses racines dont le moindre fil suffit pour empoisonner tout un jardin, tout un pays.Tel est le gentil liseron. J'ai cru longtemps, j'ai longtemps publié que la connaissance est amour. Eh bien ! Ma foi, je me trompais. Je connais bien le liseron. » |